 |
|
La valeur ajoutée n'est pas
la réponse aux délocalisations
Synthèse de l'article d'Alan S. Blinder - Foreign Affairs mars-avril 2006

Il constate dabord que la question des délocalisations déborde largement la fabrication pour toucher les services. Lanalyse actuelle consiste à dire que seront concernés les services à faible valeur ajoutée rendus par des personnes peu formées. La solution serait donc de développer des services à forte valeur ajoutée impliquant des personnes hautement éduquées.
Selon ses travaux la réalité est toute autre. Deux facteurs amènent à reconsidérer la question : le développement des technologies de linformation qui permet de rendre des services à distance et dont les limites sont aujourdhui inconnues et le développement des compétences dans les pays émergents (linformatique en Inde ou le graphisme à Madagascar).
Le critère de délocalisation ne porte plus sur le niveau de compétence, mais sur la possibilité de rendre le service à distance. Il propose ainsi une distinction nouvelle entre les services personnels qui nécessitent une présence (infirmière, policier, etc.) et les services impersonnels qui peuvent être dispensés à distance (gardiennage vidéo, radiographie, etc.).
Des services nécessitant une forte compétence peuvent ainsi être délocalisés, au contraire de services à faible compétence mais nécessitant une présence physique. Par exemple le garde malade est nécessaire sur place alors que le chirurgien peut opérer de Bangalore par téléchirurgie. De même le service de prêt immobilier pourrait très bien être proposé par internet depuis Varsovie.
Développer des services à forte valeur ajoutée nest donc pas lunique porte de sortie pour résister à la délocalisation des services. Il faut plutôt imaginer une intégration mondiale de la chaîne de services (pour réduire les coûts) et développer des services de forte proximité faisant vivre au client une expérience forte et valorisante (avec une forte dimension émotionnelle).
Car au cur de la question il y a larbitrage que le client fera entre le coût du service (réduit par les délocalisations) et la qualité de lexpérience vécue.
|
 |
|